Il y a une dizaine d’années, Michel Rey, éleveur ovin en Isère, a lancé la marque Agneaux de Près de Noyers dans l’objectif de valoriser une viande ovine haut de gamme. Cette initiative s’appuie sur des pratiques agroécologiques associant élevage et nuciculture, notamment par l’utilisation de tourteaux de noix dans l’alimentation des animaux et le recours au pâturage sous noyers pour limiter les interventions mécaniques dans les vergers.
La marque a d’abord fait l’objet d’expérimentations à l’échelle locale, en particulier auprès de restaurateurs gastronomiques sensibles à la différenciation du produit et à son ancrage territorial. Toutefois, la crise sanitaire liée à la Covid-19 en 2020 a fortement ralenti son développement et sa diffusion.
Plus récemment, le projet PARTEN’R a remis en lumière cette démarche en explorant les possibilités de valorisation du pâturage ovin sous noyeraies. Dans ce cadre, des étudiants de l’ISARA ont étudié la perception de cette pratique par les consommateurs. Une enquête menée auprès de 255 personnes a montré que l’origine du produit constituait le principal critère d’achat, devant le prix. Les résultats indiquent également que 59 % des répondants seraient prêts à payer davantage pour une viande issue d’animaux élevés sous noyers. Les professionnels de la boucherie soulignent néanmoins que cette plus-value ne paraît envisageable que pour un produit positionné sur un segment haut de gamme.
Selon cette étude, la démarche présente un triple intérêt : elle permettrait de renforcer la qualité perçue du produit, de valoriser le territoire de production et de développer un argumentaire marketing original. Son développement futur repose toutefois sur la capacité des acteurs à structurer une filière locale cohérente et à rendre la démarche lisible et compréhensible pour les consommateurs.
En savoir + : https://www.agneauxdepresdenoyers.com/
(*cette étude a été réalisée dans le cadre du programme PARTEN’R AURA.
, soutenu par le conseil régional AURA qui vise à sécuriser et déployer le pâturage sous noyers en région. Ses objectifs sont d’identifier les conditions techniques, économiques et organisationnelles favorables à cette pratique, d’en évaluer les risques et bénéfices (sols, biodiversité, santé animale et végétale, qualité des fruits). En reconnectant élevage et arboriculture, le projet contribue à des systèmes agricoles plus agroécologiques, résilients et attractifs)
Pour + d’infos : contactez mdoreau@agribiodrome.fr
